Partir en Chine demande une préparation particulière : le pays vit au rythme du paiement mobile, mais le yuan en espèces reste un atout précieux pour voyager sereinement.
Comprendre le yuan (renminbi)
La monnaie chinoise porte deux noms qui prêtent souvent à confusion. Le renminbi (RMB) désigne la devise officielle dans son ensemble, littéralement « la monnaie du peuple », tandis que le yuan (code international CNY, symbole ¥) est l'unité de compte que vous verrez sur les étiquettes et les billets. Dans la pratique, on annonce un prix « en yuans », mais on parle du « renminbi » pour évoquer la monnaie en général. Les Chinois utilisent aussi le mot familier kuai à l'oral, comme nous dirions « balles » en français.
Les billets circulent en coupures de 1, 5, 10, 20, 50 et 100 yuans, ornés du portrait de Mao Zedong. Le yuan se divise en 10 jiao (ou mao), une subdivision encore visible pour les petits achats. Notez que le yuan utilisé en Chine continentale (CNY) diffère du yuan offshore (CNH) coté à Hong Kong : pour un voyageur, seul le CNY compte sur place.
Paiement mobile : un pays presque sans cash
La Chine est sans doute la société la plus avancée au monde en matière de paiement dématérialisé. WeChat Pay (intégré à la messagerie WeChat) et Alipay couvrent la quasi-totalité des transactions, du grand magasin au vendeur de brochettes de rue, en passant par le marchand de légumes qui affiche son QR code sur un bout de carton. On règle en scannant un code avec son smartphone, sans contact physique ni carte.
Bonne nouvelle pour les visiteurs étrangers : les deux applications ont récemment ouvert leurs services aux cartes bancaires internationales (Visa, Mastercard). Vous pouvez désormais lier votre carte française à Alipay ou WeChat et payer comme un local, dans la limite de plafonds par transaction au-delà desquels une vérification d'identité (passeport) peut être demandée. Téléchargez et configurez ces applications avant votre départ, car l'inscription nécessite parfois un accès à des services difficiles à atteindre sur place sans VPN.
Pourquoi garder du cash reste indispensable
Malgré cette omniprésence du mobile, voyager en Chine sans un seul billet serait imprudent. Plusieurs situations imposent encore l'argent liquide :
- Les petits commerces ruraux, marchés de campagne et temples reculés, où la connexion ou l'équipement font défaut.
- Les taxis traditionnels et certains transports locaux qui refusent parfois les cartes étrangères liées aux applications.
- Un smartphone déchargé, perdu ou sans réseau : sans cash, vous êtes bloqué.
- Les pourboires et menus dépannages, ainsi que certaines auberges familiales.
La Banque populaire de Chine rappelle d'ailleurs régulièrement que les commerces ne peuvent pas refuser les espèces en yuans : tout établissement doit en principe les accepter. Dans les faits, prévoir quelques centaines de yuans en arrivant vous évite bien des tracas, le temps de configurer vos applications et de prendre vos repères.
Distributeurs et retraits sur place
Les distributeurs automatiques (ATM) sont nombreux dans les villes, notamment ceux de Bank of China, ICBC et China Construction Bank, qui acceptent les cartes internationales. Attention toutefois : les frais de retrait à l'étranger facturés par votre banque française, combinés aux commissions locales et à un taux de conversion souvent défavorable, alourdissent vite l'addition. Les retraits sont également plafonnés par opération, ce qui multiplie les frais fixes si vous avez besoin de sommes importantes.
Pour ces raisons, il est généralement plus avantageux de changer une partie de vos euros en yuans avant de partir. Vous connaissez le montant exact reçu, vous évitez les mauvaises surprises de taux et vous arrivez avec du liquide immédiatement utilisable. Chez Paris Change, bureau de change agréé par l'ACPR (Banque de France), vous pouvez commander vos devises en ligne puis les retirer en boutique, sans commission, parmi plus de 53 devises disponibles.
Pourboires, marchandage et habitudes locales
La culture du pourboire est quasi inexistante en Chine : dans les restaurants et taxis, il n'est ni attendu ni habituel, et peut même surprendre. Seuls certains hôtels haut de gamme et guides touristiques en acceptent. En revanche, le marchandage reste de mise sur les marchés et dans les boutiques de souvenirs, où afficher du cash peut faciliter une négociation. Conservez vos billets en bon état : les coupures déchirées sont parfois refusées.
Règles douanières à connaître
Au départ de France comme à l'arrivée en Chine, pensez à la réglementation sur les espèces. À la sortie ou à l'entrée de l'Union européenne, tout transport d'argent liquide égal ou supérieur à 10 000 € (ou son équivalent en devises) doit faire l'objet d'une déclaration douanière obligatoire. La Chine applique de son côté ses propres seuils de déclaration à l'entrée et à la sortie du territoire. Pour un séjour touristique, ces plafonds sont largement suffisants : prévoyez un montant raisonnable de yuans en cash et complétez par le paiement mobile une fois sur place.
Questions fréquentes
Faut-il du cash ou tout se paie-t-il par mobile en Chine ?
Le paiement mobile (WeChat Pay, Alipay) couvre l'immense majorité des transactions, mais garder quelques centaines de yuans en espèces reste vivement conseillé pour les petits commerces, les zones rurales et les imprévus techniques.
Vaut-il mieux changer ses euros en France ou retirer sur place ?
Changer en France permet de connaître le montant reçu à l'avance et d'éviter les frais et taux défavorables des distributeurs locaux. Vous arrivez avec du liquide directement utilisable dès l'aéroport.
Le pourboire est-il attendu en Chine ?
Non, le pourboire n'est pas une pratique courante en Chine et n'est généralement pas attendu dans les restaurants ni les taxis, contrairement à la France ou aux pays anglo-saxons.
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